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Les violences conjugales peuvent concerner toutes les femmes, quel que soit leur âge, leur groupe social, leur catégorie socio-professionnelle, leur religion, leur culture d’appartenance. Toutefois, les femmes plus jeunes et/ou en situation de vulnérabilité subissent plus de violences. Les violences conjugales sont la forme la plus courante des violences subies par les femmes dans le monde.

En France, environ 219 000 femmes sont victimes chaque année de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur partenaire (concubin, pacsé, petit ami) ou ex-partenaire.
Source : enquête « Cadre de vie et sécurité », ONDRP,  Insee, 2018.

En 2017, 130 femmes ont été tuées en France par leur partenaire ou ex-partenaire, soit une femme tous les 2,8 jours. (Sur les 109 femmes tuées par leur conjoint officiel, au moins 51 étaient victimes de violences antérieures de la part de ce compagnon.)
Source : « Etude nationale sur les morts violentes au sein du couple. Année 2017 », Ministère de l’Intérieur, Délégation aux victimes.

Les violences conjugales et leurs conséquences

Les violences faites aux femmes se manifestent de multiples façons et s’inscrivent dans un rapport de domination patriarcale continu dans l’espace et le temps. S’appuyant sur un déséquilibre des rapports de pouvoir entre les sexes, les auteurs de violences utilisent différents moyens pour instaurer un climat de contrôle permanent : violences psychologiques, verbales, physiques, sexuelles, économiques, administratives, cyber-violences.

On parle de spirale de la violence car au fur et à mesure du temps, le cycle s’accélère. Les épisodes de tension et d’agression sont de plus en plus rapprochés au détriment des périodes dites de « lune de miel ».

Santé

Les violences conjugales ont des conséquences directes sur l’intégrité physique des femmes qui en sont victimes, pouvant aller jusqu’à la mort ou l’infirmité.

Elles sont aussi particulièrement traumatisantes sur le plan psychologique et neurologique et sont à l’origine de chocs psychiques et de troubles psychotraumatiques graves qui peuvent durer des années.

Ces troubles psychotraumatiques peuvent être diagnostiqués et traités efficacement. Les principaux symptômes des traumatismes psychiques :

      • Reviviscences (flash-back)
      • Évitement (des souvenirs, des pensées, des sentiments, de lieux, d’activités, de personnes liés au traumatisme)
      • Altération de la régulation des émotions (irritabilité, excès de colère)
      • Perturbation de l’attention
      • Altération de la perception de l’agresseur
      • Perturbation des relations interpersonnelles

Symptômes associés :

      • Dépression, idées suicidaires
      • Conduites addictives (alcoolisme, toxicomanie)
      • Troubles alimentaires
      • Trouble du sommeil,
      • Agressivité, émotions brutales, irritabilité ou absence d’émotion
      • Soumission, inhibition, angoisses, phobies
      • Hyper vigilance, hyperactivité, agitation
      • Énurésie, encoprésie
      • Désintérêt pour le travail

Malheureusement, une part importante des femmes victimes de violences conjugales n’est pas prise en charge à cause d’une méconnaissance du fonctionnement de ces violences, d’une sous-estimation et parfois même d’un déni ou d’une tolérance coupable. Or, laisser des victimes de violences traumatisées sans soins est également un facteur de risque de reproduction de violences de proche en proche et de génération en génération.

 

Enfants co-victimes

L’impact psychologique des violences sur les enfants est plus grave que sur les adultes : l’immaturité du système nerveux central rend le cerveau des enfants beaucoup plus sensible aux effets du stress par l’intermédiaire de la sécrétion excessive de cortisol.

Les conséquences à court terme, moyen et long terme sur leur santé psychique et physique sont catastrophiques, et les conséquences sociales à long terme constituent le départ d’un véritable cycle de violence.

Symptômes associés :

      • Jeux diminués et stéréotypés, répétitifs sur le thème du traumatisme, peu d’imagination
      • Perte temporaire ou non des acquis du développement (propreté, langage…)
      • Retard psychomoteur
      • Angoisses, phobies
      • Perte d’attention
      • Problèmes de comportement
      • Échec scolaire

Un travail pluridisciplinaire est nécessaire pour accompagner ces victimes.

En 2017, 25 enfants mineurs sont décédés, tués par un de leurs parents dans un contexte de violences au sein du couple.

Source : « Etude nationale sur les morts violentes au sein du couple. Année 2017 », Ministère de l’Intérieur, Délégation aux victimes.

 

Numéros d’écoute et d’information

En cas de soupçons de violences ou de doutes, n’hésitez pas à appeler les permanences téléphoniques pour être conseillé/conseillée :

Le 3919 « Violences Femmes Info » : numéro national, traite toutes les formes de violences faites aux femmes, destiné aux victimes, à leur entourage, ainsi qu’aux actrices et acteurs professionnels concernés.

Numéro gratuit et anonyme :

Du lundi au vendredi de 9h à 22h

Les samedi, dimanche et jours fériés de 9h à 18h

 

Le 0 800 05 95 95 « SOS Viols Femmes Information » : destiné aux femmes victimes de viol ou d’agressions sexuelles, à leur entourage et aux professionnels / professionnelles concernées.

Numéro gratuit et anonyme :

Du lundi au vendredi de 10h à 19h

 

Enfance :

Le 119 « Allô Enfance en Danger » : prévention et protection des enfants en danger ou risquant de l’être.

24h/24 – 7j/7

Vous pouvez aussi appeler les Cellules de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP) qui ont été mises en place dans chaque département. Elles conseillent les professionnels / professionnelles et particuliers qui se questionnent sur la situation d’un enfant.

CRIP Gironde : 05.56.99.33.33 / crip33@gironde.fr

 

Des services spécifiques :

3977 : Numéro d’appel national en cas de maltraitances envers les personnes âgées et/ou handicapées et les témoins de ces maltraitances.

114 : Numéro d’urgence pour les personnes sourdes ou malentendantes victimes ou témoins d’une situation d’urgence permettant de solliciter l’intervention des services de secours, accessible par visioconférence, tchat, sms ou fax.